Médiation
Équine
Pourquoi le cheval en médiation équine ?
Le cheval, symbole de force, de liberté et de noblesse, a marqué l’histoire en tant que compagnon de guerre, monture des rois et symbole de puissance. Cette richesse symbolique nourrit encore aujourd’hui la relation unique que nous entretenons avec lui.
Mais au-delà de son image, le cheval possède des caractéristiques uniques qui en font un partenaire idéal en médiation équine.
Un être sensible, social et réceptif
En tant que proie dans la nature, il a développé une hypersensibilité aux émotions et à l’environnement. Animal social, le cheval vit en groupe et recherche naturellement le lien. Hypersensible à son environnement, il perçoit notre fréquence cardiaque et notre respiration, s’adaptant à nos émotions sans filtre ni jugement. Son langage est essentiellement corporel, ce qui l’amène à répondre à notre posture, notre tonus et notre intention, sans filtre ni jugement.
Un miroir de nos émotions
Parce qu’il réagit en fonction de ce qu’il ressent, comme l’explique Isabelle Claude dans Le cheval, miroir de nos émotions (2007), le cheval agit comme un miroir émotionnel. Il nous pousse à être conscients de nous-mêmes, à ajuster nos comportements et à établir une relation basée sur l’authenticité. Cette interaction favorise le développement personnel, la confiance en soi et la gestion des émotions.
Ancré dans l’instant présent
Le cheval vit dans « l’ici et maintenant ». Il s’ajuste à ce qu’il se passe dans son environnement maintenant, il ne se projette pas dans l’avenir et ne ressasse pas le passé. Pour interagir avec lui, nous devons donc nous connecter au moment présent, ce qui favorise la pleine conscience, réduit le stress et développe la capacité à vivre pleinement chaque instant. Cette caractéristique en fait un allié précieux dans des approches thérapeutiques centrées sur la gestion émotionnelle et la réappropriation du corps.
Un soutien physique et psychique
La force du cheval lui permet de nous porter, offrant ainsi un accompagnement aussi bien moteur que sensoriel. Son mouvement en trois dimensions stimule le système vestibulaire et musculaire, ce qui est particulièrement bénéfique en rééducation physique. Mais il procure aussi des sensations de liberté, de puissance et d’autonomie, renforçant la motivation et l’engagement des bénéficiaires.
Un cadre structurant et valorisant
Majestueux et imposant, le cheval inspire respect et humilité. Sa présence invite naturellement à poser un cadre, à établir une communication cohérente et à développer la patience et la rigueur. Il favorise également un sentiment de réussite et de valorisation, car interagir avec lui demande de l’engagement et procure une satisfaction immédiate.
Chaque relation avec le cheval est unique.
C’est cette richesse qui rend la médiation équine si précieuse.
D’après l’IFCE :
« La médiation équine est une démarche d’accompagnement s’appuyant sur la mise en relation intentionnelle d’un équidé et d’une personne en demande. »
La médiation animale consiste à explorer les interactions bénéfiques qui émergent de la relation intentionnelle entre l’humain et l’animal dans des contextes éducatifs, thérapeutiques ou sociaux. Cette définition est proposée par la Fondation Sommer, qui œuvre pour promouvoir des pratiques axées sur ces interactions.
Pour la Fédération Française d’Équitation (FFE) et le Syndicat Interprofessionnel de la Médiation Équine (SIPME), la médiation équine, ou médiation avec les équidés (MAE), englobe l’utilisation des effets bénéfiques liés à la présence du cheval ou à la pratique d’activités équestres, dans un cadre adapté à des personnes ayant des besoins spécifiques et sous la supervision d’un professionnel.
C’est une approche autour de 5 domaines d’activités: le soin, l’accompagnement éducatif et psycho-social, le coaching, la pratique sportive adaptée et le sport santé. On distingue les différentes pratiques de médiation équine selon les objectifs, les compétences des professionnels, et les types d’activités proposées.
Lorsque les activités souhaitées par le bénéficiaire relèvent davantage du soin (soutien psychologique, rééducation sensori-motrice) ou du domaine socio-éducatif, on parle de médiation à visée thérapeutique, éducative ou sociale. Ces activités sont menées sous la responsabilité d’un professionnel de santé ou du secteur socio-éducatif. Dans ce contexte, l’objectif n’est pas d’apprendre à monter à cheval, mais d’utiliser le cheval comme un médiateur entre la personne et le professionnel, afin de répondre à des besoins spécifiques et ciblés.
L’évolution de la médiation équine en France
L’évolution de la médiation équine en France s’est faite progressivement depuis son émergence vers les années 1970, sans cadre défini ni appellation précise. À l’origine, elle s’est construite sur une juxtaposition de compétences entre l’équitation et la relation d’aide. Les premiers praticiens étaient souvent des cavaliers engagés dans l’accompagnement qui ont intégré le cheval dans leur pratique, ou des enseignants d’équitation sollicités par des établissements médico-sociaux. Dans ce cadre, les professionnels médico-sociaux définissaient les objectifs thérapeutiques, tandis que les enseignants d’équitation intervenaient pour faciliter le lien avec le cheval et encadrer les activités équestres.
Dans les années 1980, la création de la FENTAC (Fédération Nationale de Thérapie Avec le Cheval) a marqué un tournant en posant les bases d’une approche exclusive, où les médiateurs devaient appartenir au secteur médico-social. Cependant, cette vision limitait la diversité des pratiques et soulevait des interrogations sur la place du sport dans la médiation équine.
Aujourd’hui, la médiation équine a adopté une approche plus inclusive, englobant un large éventail de pratiques allant de l’équithérapie à l’équitation adaptée, en passant par l’équicoaching, l’équicie et l’hippothérapie. Elle regroupe tous les professionnels qui utilisent le cheval comme outil d’aide aux personnes ayant des besoins spécifiques. Malgré cette structuration, elle reste distincte du para-équestre, qui relève d’un objectif de performance sportive.
Si la diversité des acteurs et des formations a contribué à enrichir la discipline, elle pose également la question de la reconnaissance officielle et de la régulation des compétences. Toutefois, les efforts des formations spécialisées et des réseaux professionnels permettent aujourd’hui de mieux définir les contours de la médiation équine, en garantissant une prise en charge adaptée et encadrée pour les bénéficiaires.
Pour aller plus loin :
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📷 Crédit photo : Renaud Subra & Unsplash



